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Paris, la ville étudiante la plus chère ?

ByOlivier

Août 18, 2021 , ,

Selon les chiffres de l’Unef, Bordeaux fait partie des villes étudiantes les plus chères de France, aux côtés de Paris, Lyon et Nice

Alors qu’Emmanuel Macron est dans le viseur de l’Unef quant au recul du montant des aides étudiantes sous son mandat, la rentrée 2021 approche à grands pas. Le syndicat Unef a enregistré une hausse de 2,5 % du coût de la vie pour les étudiants en 2021, notamment imputable aux conséquences de la crise sanitaire. C’est dans ce contexte de précarité étudiante grandissant que les étudiants doivent établir leur budget pour l’année universitaire à venir.

Bien que Bordeaux ait progressé dans le classement des meilleures villes étudiantes, selon le classement 2020 établi par l’Étudiant, le coût de la vie dans la cité girondine reste très élevé. En moyenne, les étudiants doivent débourser 1 010 euros par mois, selon les chiffres de l’Unef publié dans le classement 2021 des villes universitaires les plus chères. En dehors de la région Île-de-France, Bordeaux est la 3e ville la plus chère derrière Lyon (1 036 euros) et Nice (1 065 euros). D’après le classement, Saint-Étienne, Poitiers et Limoges sont les villes les plus abordables, le coût de la vie avoisine les 800 euros pour chacune de ces villes.

 

Neuf des dix villes universitaires les plus chères sont en Île-de-France

Sans surprise, Paris reste la ville la plus chère pour étudier, d’après le classement 2021 des villes universitaires établi par l’Unef*, publié mercredi 18 août que franceinfo vous révèle. Un étudiant dans la capitale débourse en moyenne, en 2021, 1 277 euros chaque mois pour vivre, beaucoup plus qu’à Nanterre (1 171 euros), Créteil (1 134 euros) ou encore Saint-Denis (1 098 euros). À noter que neuf des dix villes les plus chères de France pour les étudiants sont en région parisienne, en raison principalement du coût des loyers et des transports en commun.

En régions, la ville la plus chère est Nice (1 065 euros), devant Lyon (1 036 euros) et Bordeaux (1 010 euros). À l’inverse, Saint-Étienne (802 euros), Poitiers (802 euros) et Limoges (793 euros) sont les villes les plus abordables pour s’installer et suivre des études supérieures.

 

L’île de France en tête du classement

Sans surprise, Paris occupe la première position du classement. Dans la capitale, 1 277 euros par mois sont nécessaires à un étudiant pour vivre. L’encadrement des loyers, mis en place en 2019, a permis une baisse de 4 % des loyers à Paris cette année. Malgré tout, la région domine largement ce classement puisque 9 des 10 villes étudiantes les plus chères sont franciliennes : Nanterre (1 170 euros), Créteil (1 134 euros) ou encore Saint-Denis (1 098 euros).

En plus des prix des logements, celui des transports en commun est également responsable de la réduction du pouvoir d’achat des étudiants. L’Unef enregistre une forte augmentation des coûts liés au transport à Bordeaux, à hauteur de 3 %. Face à la hausse significative des prix des abonnements, l’Unef réclame des réformes pour les étudiants tel que la gratuité des transports en commun.

 

Des loyers en baisse de 4% à Paris

La capitale devance très largement les autres villes universitaires, même s’il faut noter une baisse du coût de la vie en 2021, due, selon l’Unef, à l’encadrement des loyers. Mis en place en juillet 2019 à Paris, il a entraîné une baisse de quasiment 4% des loyers cette année.

Au vu de l’efficacité de la mesure, dans la capitale mais aussi à Lille, le syndicat étudiant demande que celle-ci soit généralisée à l’ensemble des villes universitaires. Bordeaux et Lyon ont déjà annoncé son application. Dans les villes qui ne l’ont pas mise en place, la hausse des loyers atteint jusqu’à 6% à Toulon et Évry, environ 5% à Angers, Reims et Mulhouse. Les loyers sont néanmoins restés stables à l’échelle nationale en 2021, avec une hausse de 0,03%.

Quels sont les critères ?

Pour évaluer ce coût de la vie étudiante ville par ville, l’Unef se base sur quatre facteurs :

  • Les frais de vie courante commun à tous les étudiants (frais d’inscription, les frais de restauration, l’électricité, l’assurance habitation, le téléphone, internet, les frais bancaires, les services médicaux, les frais liées aux mutuelles, l’alimentation, les produits d’hygiène et d’entretien, l’habillement, les livres et les loisirs…) ;
  • Les loyers moyens des logements étudiants privés ;
  • Le coût annuel des transports en commun pour les étudiants non boursiers ;
  • Le montant des APL (qui est soustrait au montant moyen des loyers dans chaque ville).

 

Des écarts de loyers de 498 euros selon les villes

D’après l’Unef, la ville du Mans est la ville où les loyers sont les moins chers, en moyenne de 353 euros. Cela représente un écart de 498 euros avec Paris et Nice, dont le loyer moyen équivaut à celui d’un appartement parisien. Pour les transports, l’Ile-de-France reste le territoire où les coûts sont les plus élevés, il faut compter 350 euros en moyenne. En région, c’est Lyon, avec 325 euros en moyenne. Les villes les moins chères sont Limoges et Perpignan, où le coût moyen tourne autour des 90 euros.

Des disparités qui se creusent selon les politiques menées par les collectivités locales. L’Unef souligne ainsi dans son enquêtes les efforts menés par certaines villes en matière de tarifs dans les transports en commun : Saint-Etienne et Caen par exemple sont les communes où les grilles tarifaires ont été réduites significativement.

 

« La précarité étudiante explose »

C’est une étude qui n’est pas des plus rassurantes à quelques jours de la rentrée. Le syndicat étudiant Unef a publié ce mercredi son rapport sur le coût de la vie des étudiants dans les villes universitaires de France. Et celui est en augmentation : il a augmenté de 2,5% pour les étudiants. D’autant que dans le même temps, la précarité s’accélère en raison de la crise sanitaire et des difficultés à trouver un job étudiant.

« La diminution du coût de la vie en Ile-de-France est fortement impactée par la baisse du coût de la vie à Paris ; en effet, le coût de la vie en Banlieue augmente de 2,19%. Non seulement le coût de la vie quotidienne y est plus cher, mais c’est aussi et surtout le coût des transports et les montants des loyers qui y font exploser le coût de la vie », conclut le syndicat étudiant.